La Balsamine

Un théâtre à l’état P.U.R.

Partagé. Utopique. Responsable.

en

Saison 20-21

Désirs futurs - Métamorphoses

Le 13 mars 2020, le théâtre la Balsamine ferme ses portes aux publics et aux artistes. Une suspension spectaculaire pour une durée indéterminée. Reports et annulations des spectacles sont, désormais, au programme. Mesures d'urgence exceptionnelles face à une pandémie virale.

Nous nous enfermons dans nos intérieurs respectifs. Nous vivons un quotidien transfiguré. Port du masque. Files devant les magasins alimentaires. Pénuries diverses dans certains rayons. Adoption de gestes barrières. Le télétravail devient la norme. Nous pratiquons la distanciation physique. Les bancs des parcs sont rendus impraticables. Les villes se désertifient, les espaces publics se raréfient. On entend mieux les oiseaux.

Nous voilà réduit.e.s à la sphère domestique, privée. Perte de sens. Confusion. Morts. Comptes et décomptes. La mort des uns ne sert pas à la survie des autres. Les deuils sont reportés. Par contre, sont accentués : Les isolements. Les dépressions parentales. Les féminicides. Les violences conjugales. Solitudes extrêmes dans un quotidien sans fêtes.

Une chambre à soi. Cette chambre devient, tour à tour, cellule, refuge, tanière, cocon. Chacun cherche sa chambre. Pour les sans-abris, on réquisitionne des hôtels afin de protéger la vie.
Ce que l'empathie et la solidarité n'auront pas accompli, la Covid-19 l'aura induit. La maladie nous pousse à la préservation, le cœur devient temporairement la raison.

On vit sur les réserves lorsque l'on en possède, Certains partagent leurs ressources. D'autres encore s'octroient le luxe d'un développement personnel. On laisse sortir le papillon, on lui autorise quelques battements d'ailes. Une métamorphose s'opère. Une transformation fait son œuvre. A notre insu. Un nouvel être s'extirpe. Une nouvelle créature.

A présent, nous voici dans l'ère du déconfinement. Les oiseaux chantent toujours, Par-dessus eux, le rouleau compresseur de la logique marchande se fait plus bruyant encore. Le monde de demain n'est pas celui espéré. Étrange, cependant, nous ne sommes plus dans le même état. Quelque chose s'est décalé. Tout semble à redécouvrir. Nos désirs sont barbouillés, nos attentes sont à réinterpréter. Nous sommes des mutants. Nous sommes un peuple qui change. Les créations à venir témoignent de ce trouble, de cette ère faite d'hybridation en tous genres. Nos artistes sont déviants. En eux, un gène artistique qui leur confère des pouvoirs spéciaux.

Dès la rentrée, toujours très obéissants, on réouvrira les théâtres selon les règles imposées. Pour la Balsamine, l'ouverture de la saison 20-21, se fera le 29 septembre. Masqués ou pas, nous tenterons de vous accueillir au mieux. Depuis, bientôt 40 ans, la Balsa est là pour vous, artistes et publics, elle vous appartient. Ce sont vos présences qui légitiment ce territoire. C’est, grâce à vous, que nous construirons le futur. Et cet avenir proche, c'est votre venue-en-personne, en chair et en os. On vous attend !

Monica Gomes - Direction générale et artistique de la Balsamine

Signal - Pas de retour à l'anormal

Boris Dambly – Ghost army

Installation sur le toit du théâtre tout au long de la saison.

Début mai 2020, l’artiste Boris Dambly soumet une proposition commune aux responsables culturels. Un geste manifeste à poser dans l’espace public, à l’adresse des citoyen.ne.s et destiné à interpeller les autorités .À ce jour, le théâtre la Balsamine, Mars, le Centre Wallonie Bruxelles de Paris et le Théâtre National ont confirmé leur participation et la construction a démarré dans les ateliers de la Balsamine.

La Ghost Army est un collectif d’artistes bruxellois constitué à l’initiative du scénographe Boris Dambly et constitué de l’actrice Cécile Maidon, la metteuse en scène et dramaturge Adeline Rosenstein, le peintre et sculpteur Laurent Liber, l’actrice pluridisciplinaire Emilienne Tempels, le metteur en scène et acteur Alexandre Dewez, le metteur en scène et costumier Hugo Favier, la régisseuse Sandrine Nicaise, le metteur en scène Thymios Fountas, la performeuse Isabelle Bats. Son nom est tiré d’un bataillon des forces alliées pendant la seconde guerre mondiale et constitué essentiellement d’artistes recrutés afin d’utiliser leurs compétences sur le champ de bataille. Dans la vie civile, ces soldats fantômes se révélaient être architectes, peintres, acteurs, scénographes. Au sein de l’armée, grâce à leurs compétences artistiques, ils confectionnèrent des équipements tels que des chars gonflables, de faux avions, des hauts-parleurs diffusant des bruits d’artillerie afin d’attirer l’ennemi loin des troupes réelles. Cette esthétique, cette narration spéculative de la guerre révèle une chose: la puissance que l’artiste peut acquérir quand il quitte le cadre des structures classiques de la culture pour entrer en lutte. Il est alors capable d’affronter les régimes les plus barbares, d’agir sur les consciences collectives, et d’influencer le cours de l’histoire. Pour reprendre l’expression d’Antonio Gramsci, il contribue de facto à l’élaboration de superstructures.

Installations : 2018 : Pif, La Balsamine // expo REvlt Espace Vanderborght // Signal - Cifas

2019 : Mars // 40 ans du centre Wallonie Bruxelles

2020 : résidence au centre Wallonie Bruxelles

Un projet éthique pour les 5 saisons ( de 2017 à 2021 )

Une Balsa à la mine épurée, apurée, en purée, certains soirs et selon les menus. Pur jus, pur théâtre. En l’état.

Partagé, parce qu’ouvert sur le monde, prêt à recevoir l’autre dans sa diversité, dans sa complexité. En dialogue, car c’est la seule voie de l’apaisement.

Le seul chemin possible, c’est l’accessibilité à tous, même aux abeilles qui peuplent notre toit. La Balsa est un lieu qui change et grandit avec les artistes qui l’habitent, avec les publics qui la traversent. La Balsa mûrit et contamine par son esprit libertaire. Nous sommes une terre pour les langues étranges et réfléchissantes, un endroit où l’on peut se perdre et mieux se retrouver.

Utopique, quoi de plus logique. Le risque de voir, le risque de faire, le risque de dire et d’entendre, c’est ça l’utopie : offrir un développement à des œuvres singulières. Une scène de toutes les aventures. Un lieu qui risque car c’est vivre plus et il n’y a pas de risque sans l’humain qui le prend, qui le court. Des créations qui mettent en scène les narrations que notre époque fabrique. Des narrations fragmentaires, hybrides. Leur donner du temps, de l’espace.

Responsable, enfin. C’est une maison verte, qui tente par ses choix de respecter les hommes et la nature, de vivre dans un développement durable et d’investir ses moyens dans tout ce que la créativité a de plus riche. Hier, aujourd’hui et demain.

Incubations et résidences

Un espace et du temps donnés à des artistes pour affiner, forger un projet. Moments de partage et d'expérimentations physiques et métaphysiques. Certaines incubations seront ouvertes au public.

Échange de résidences artistiques

Depuis un an, nous nous associons avec le Théâtre de Poche de Hédé-Bazouges (Bretagne - FR) et le Théâtre du Grütli (CH) dans le cadre d’un échange de résidences d’artistes.


United Stages

La Balsamine est signataire de la charte United Stages.

UNITED STAGES ce sont une cinquantaine de structures et associations culturelles qui s’engagent publiquement à défendre et promouvoir un projet de société progressiste, solidaire et respectueux des droits humains.

La création du label United Stages est consécutive à la volonté du secteur culturel d’exprimer haut et fort son soutien à toutes les personnes fragilisées par les effets des politiques inhumaines et discriminatoires. L’article 23 de notre Constitution garantit à chacun “le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine”. Alors ensemble, nous refusons d’être les spectateurs passifs du déni de ce droit fondamental. Sans accès au logement, à la santé, ou à la formation nulle possibilité de participer à la vie sociale et culturelle. Luttons contre la résignation, luttons contre la haine et le mépris mais surtout luttons pour les droits essentiels de ces femmes, de ces hommes et de ces enfants, nos pairs et nos égaux !

Plus d’informations sur United Stages Belgium ici et sur la page facebook

Partenaires

La Balsamine est subventionnée par la Fédération Wallonie-Bruxelles et fait partie du réseau des Scènes chorégraphiques de la Commission Communautaire française de la Région de Bruxelles-Capitale.

La Balsamine reçoit aussi le soutien de Wallonie-Bruxelles Théâtre/Danse et de Wallonie-Bruxelles International.

Équipe

Direction générale et artistique
Monica Gomes monica.gomes@balsamine.be
Direction financière et administrative
Morgan Brunéa morgan.brunea@balsamine.be
Coordination générale, communication et accueil compagnies
Fanny Arvieu fanny.arvieu@balsamine.be
Presse, promotion et relations publiques
Marion Birard relations.publiques@balsamine.be
Comédienne et romaniste - Médiation écoles et associations
Noemi Tiberghien noemi.tiberghien@balsamine.be
Chargé de production
Clément Dallex Mabille production@balsamine.be
Metteur en scène et auteur - Artiste associée
Martine Wijckaert martine.wijckaert@balsamine.be
Résidence artistique et administrative
Théâtre du Tilleul
Direction technique
Jef Philips jef.philips@balsamine.be
Régisseur
Rémy Urbain remy.urbain@balsamine.be
Stagiaire régie
Théo Baudras
Responsable bar
Benjamin Gervais
Photographe de plateau associé
Hichem Dahes
Designers graphique associés
Open Source Publishing

Le conseil d'administration : Caroline de Poorter, Isabelle Dumont, André Jadoul, Estelle Marion, Francis Metzger, Emmanuelle Nizou et Christine Rygaert.

Location des espaces

Située à quelques pas des institutions européennes, la Balsamine vous propose plusieurs de ses espaces intégrant une infrastructure technique et professionnelle ainsi qu’un bar convivial.

Séminaires, workshops, mariages, anniversaires, formations… Proposez-nous vos événements et nous vous conseillerons.


Plus d'infos

Historique

Le théâtre de la Balsamine est fondé par Martine Wijckaert en 1974. Il s’agit au départ d’une simple structure juridique, une asbl, permettant l’obtention de subsides à la création.

Le théâtre ainsi créé ne dispose d’aucun lieu ni forme de résidence au sein d’une autre structure existante. Il obtient cependant des subsides au coup par coup permettant la réalisation des premiers spectacles de Martine Wijckaert. Ces réalisations naissent d’un mode de nomadisme urbain: des sites à l’abandon deviennent autant de décors naturels sur lesquels les spectacles opèrent une intervention.

En 1981, le théâtre de la Balsamine s’installe de manière provisoirement définitive dans la friche des anciennes casernes Dailly.

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Ces casernes ont été abandonnées depuis plusieurs années et elles sont découvertes dans leur jus. Un impressionnant périmètre de bâtiments fin XIXe cerne un parc intérieur redevenu sauvage. Le site a toutes les vertus d’une cité de la fiction et cette qualité invite le théâtre à s’y installer.

Commence alors une période dite sauvage durant laquelle de très nombreux lieux seront investis pour leur valeur spatiale brute et où naîtront des spectacles sur mesure, comme autant d’interventions uniques et totalement éphémères sur l’architecture.

Théâtre, art plastique et musique se mêlent et rassemblent sur le site de nombreux artistes y trouvant résidence de travail et d’expérimentation.

Tout en dirigeant la Balsamine installée dans les casernes, Martine Wijckaert y poursuit son travail artistique propre.

L’activité va également se centraliser sur un lieu particulier de la caserne, baptisé « amphithéâtre » puis rapidement « amphi », en raison de ses caractéristiques architecturales : il s’agit en effet d’un ancien auditorium militaire, structuré en hémicycle.

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Les premiers aménagements de l’amphi se feront selon la technique du recyclage absolu, le matériel nécessaire et encore utilisable étant démonté dans d’autres ailes de la caserne et remonté après transformation dans l’amphi.

En 1994, Martine Wijckaert confie la direction artistique du théâtre à Christian Machiels et y demeure en qualité d’artiste associée. Le théâtre actuel, d'un style contemporain ayant conservé toutefois la singularité de la salle primitive, date de 2001 et est l'œuvre de l'architecte Francis Metzger, pour laquelle il a reçu le 3e prix d’architecture à la biennale du Costa Rica. La programmation de Christian Machiels a été tout entière dévolue aux arts du spectacle et aux jeunes compagnies de théâtre et de danse contemporaine.

2011 marque l'arrivée d’une nouvelle direction artistique composée de Fabien Dehasseler et Monica Gomes.Tout en marquant davantage la particularité de l’identité de la Balsamine dans le paysage théâtral, de nouveaux partenariats se construisent. La Balsamine s’inscrit aussi progressivement dans une politique de développement durable (placement de ruches sur le toit depuis 2014, remplacement progressif de l’équipement lumière par des leds).

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