écrire la fin
martine wijckaert
le 11 octobre à 20h00
« Un certain âge passé, des réflexions viennent, et qui se conjuguent au futur antérieur.
Toute la vie est une immense montagne dont on entame à présent la descente sur l’autre versant, vers une plaine chargée de brumes.
Les forces faiblissent mais le goût de la vitalité est poivré comme un volcan.
Les colères demeurent, des passions éclosent, puis fleurissent.
Écrire la fin n’est pas une fin, c’est un départ vers les zones encore blanches de la carte, celles qu’on appelait autrefois Terra Incognita. »
Martine Wijckaert
Avec Écrire la fin , Martine Wijckaert nous livre un projet initialement pensé comme un geste d’amitié. D’une amie pour une autre. De Martine Wijckaert pour Yvette Poirier. Celle-ci n’aura pas la possibilité d’être parmi nous le 11 octobre.
C’est donc Martine Wijckaert, elle-même, qui s’aventurera sur le plateau. Qui parlera depuis elle, pour elle, et pour son amie. Collaborer ainsi une dernière fois, malgré l’absence et la distance. D’une amie pour une autre.
Et parce que l’écriture ne se limite pas à la fin, la soirée se déploiera aussi vers d’autres voix, d’autres commencements. Aux côtés du texte de Martine Wijckaert, deux jeunes autrices offriront leurs propres explorations :
– Alexandra Castard, dont le texte sera porté à voix haute par Raïssa Yowali.Interprété initialement par Marie Darah, qui ne pourra malheureusement pas être présent le 11 octobre, le texte « À l’ombre, mon frère » d’Alexandra Castard sera lu sur scène par Raïssa Yowali, en charge de la mise en scène, qui change de perspective pour l’occasion.
– Jahz Armando, avec une proposition performée
Toutes ensemble et le temps d’une soirée, elles écriront, une brève histoire du temps.
« Je suis née à Bruges, le 27 août 1952, dans le vieil Hôpital Saint-Jean, d’une mère brugeoise et d’un père gantois. J’ai été baptisée dans la chapelle de l’Hôpital qui, à l’époque, exhibait encore au tout-venant ses Memling… Mon père y a vu les meilleurs présages.
J’ai été instruite de mes 3 à 17 ans au sein d’une rigoureuse institution catholique. J’y ai appris les délices de la désobéissance et la magnificence du langage symbolique, antichambre de la tentation artistique.
Je suis entrée à l’INSAS en jupe plissée d’écolière, j’en suis sortie en jeans.
Je n’ai jamais travaillé dans un ‘vrai théâtre’ car j’ai eu la chance de m’installer dans les ruines d’une vieille caserne où frotter la matière théâtrale contre la rugosité de murs bien réels. J’en ai conçu une haine viscérale des pendrillons et autres coulisses. L’espace brutal a été mon maître à penser et à écrire.
J’ai eu la chance aussi de rencontrer une scénographe de grand talent, Valérie Jung, qui elle aussi aimait faire chanter la matière. Nous travaillons ensemble depuis plus de 45 ans. Entre nous, peu de mots, mais des gestes.
J’ai eu la chance enfin de pouvoir fédérer autour de moi une famille artistique d’actrices et d’acteurs, d’artistes du plateau. Cette durée, cette fidélité ont fait de nous toutes et tous les protagonistes d’un atelier d’artisans, au sens quasi XVIIème du terme…
Le temps donc est devenu mon plus bel allié, le temps long qu’il faut pour regarder et créer. »
Martine Wijckaert
Écriture et lecture : Martine Wijckaert
Encadrement artistique : Valérie Jung
Lumière : Rémy Urbain
Son : Maxime Delobelle
Présentation : Maison poème (Bruxelles, Be), la Balsamine (Bruxelles, Be)
Production déléguée : la Balsamine (Bruxelles, Be)
Résidence : Théâtre l’Aire Libre (Saint-Jacques-de-la-Lande, Fr)
Photo : © Nour Beetch
Alexandra Castard propose de se définir comme artiste-psychiatre, terme invention abritant ses pratiques narratives et thérapeutiques. Après une thèse sur les représentations des transidentités dans le champs médical et plusieurs travaux en psychiatrie transculturelle, la question des savoirs situés, de l’importance du décentrage des points de vue hégémoniques, de l’attention prêtée aux voix qui émergent depuis les marges est au centre de son travail, d’écriture comme de soins. « À l’ombre, mon frère » est son premier texte.
Raïssa Yowali est une poétesse, dramaturge et interprète belgo-congolaise née à Bruxelles. Elle auto-édite son premier recueil D’aussi longtemps que je me souvienne, je me suis pensée au masculin pour embrasser les filles et collabore à plusieurs autres (Selfies, On ne s’excuse de rien Tome II, En lettres noires, (Grands)-mères en lumière). Elle est la lauréate du prix Fintro 2024 dans la catégorie Littérature francophone. En 2025, elle écrit et met en scène une première forme longue SMOGGG (Autant l’emportent nos peaux), création multidisciplinaire, avec toute une équipe. Son prochain recueil, Les Mille soleils de Busu Jano, sortira à l’Arbre de Diane en Janvier 2026.
Née à Marrakech et installée à Paris, Jahz Armando déploie depuis plusieurs années une trajectoire artistique plurielle où musique, cinéma et littérature s’entrelacent.
Elle publie en 2024 deux premiers EPs en français, « Masques & Métaphores » et « Palais de Glace à Marrakech ». La même année, elle signe son livre « Je suis le vide entre les mots », avant de présenter en août 2025 son premier court-métrage, « Le Mythe d’Iden ».
Avec son nouveau morceau « ya Baladi », sorti le 26 septembre 2025, Jahz inaugure une étape décisive. Ce titre et son clip condensent des atmosphères patiemment façonnées dans un laboratoire intime de sons et de visions. À travers eux s’esquisse la genèse d’une identité musicale déjà mûrie par une recherche profonde de ce qui habite la culture mutante qu’elle incarne… Née de son départ pour la France, nourrie par des années vécues à Londres, mais surtout par les réminiscences d’une enfance vécue au-dedans, au-delà des frontières et des questions identitaires, se traduisant par une ponctuation fiévreuse au travers d’une prose libre.
Parallèlement, Jahz incarne à l’écran des personnages de plus en plus complexes dans des productions internationales, de la série britannique « Gangs of London » à l’américaine « The Summer I Turned Pretty ». Son expression hybride, au croisement de la scène, de l’écriture et de l’image, témoigne d’une quête : inventer de nouvelles représentations capables d’honorer les héritages tout en défiant l’ordre établi, et ce, au nom de l’amour.
Ainsi, chaque projet devient une étape d’un voyage vers l’incarnation d’un nouveau mythe queer et arabe, incarné dans sa multiplicité et enraciné dans un réel dénué de langage.