qui veut garder des millions ?

céline estenne & joana b polge

du 13 au 15 octobre à 20h00
le 16 octobre à 19h00
le 17 octobre à 18h00

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création théâtre enquête

Les 16 et 17 octobre : Possibilité de réserver un pass pour voir deux spectacles dans la même soirée : Qui veut garder des millions ? et The Selkie Poetry Reading : réserver ici 

Vous voulez être riche ? Facile : héritez !

Depuis des décennies l’héritage creuse toujours plus les inégalités sociales.

Aujourd’hui il est l’axe central autour duquel se dessine le destin social de tout un chacun.

Pour mieux comprendre ce qui se trame dans les salons cossus et pourquoi l’argent ne circule pas, Céline Estenne et Joana B Polge ont interviewé celles et ceux qui détiennent toujours plus : les héritièr·es !

Qui veut garder des millions ?  vous fait pénétrer dans l’intimité de celles et ceux qui sont riches depuis leur naissance.

Mêlant humour décalé, magie et chansons, Qui veut garder des millions ? aborde sans détour la question de l’héritage et offre des clés pour décrypter, un espace pour en parler… et des refrains à chanter en manif’.

note d'intention

À partir de récits réels, quatre acteur·ices vont nous faire pénétrer dans le monde secret, objet de fantasmes, de celles et ceux qui sont riches… depuis leur naissance.

 

S’ils sont minoritaires, leur fortune ne l’est pas. Le meilleur moyen de s’enrichir aujourd’hui, c’est d’être déjà riche : les 1 % des Belges les plus riches possèdent autant que les 75 % les plus pauvres, selon une étude de l’économiste Arthur Apostel (UGent), et la fortune héritée représente 60% du patrimoine total contre 35% en moyenne au début des années 70, une tendance qui ne cesse de croître.

 

Un débat public est nécessaire, mais où est-il ? L’argent est partout, et partout il est tabou.

Lorsque le sujet des inégalités sociales est abordé dans les médias ou par la classe politique, c’est toujours à propos des revenus du travail. Les revenus du capital, massifs et beaucoup moins taxés, semblent flotter dans les limbes de l’impensable.

 

Pour comprendre le pouvoir de l’argent sur les têtes, écoutons la parole des héritièr·es.

 

GENESE

 

L’origine de ce projet remonte à notre premier spectacle, Un coup de poing dans la gueule vaut mieux quun long discours : Céline y raconte sa vie de personne née dans la bourgeoisie en mettant en lumière les manifestations concrètes de la reproduction sociale.

 

Chaque fois qu’on joue, une ou deux personnes viennent la voir, à la situation de vie similaire à la sienne, et qui ont besoin d’en parler.

 

Alors on en parle. Une recherche commencée à la Bellone, en 2022 : on rencontre des héritièr·es pour parler d’argent.

 

Plusieurs éléments nous frappent. D’abord, le soulagement pour ces personnes de pouvoir enfin parler de ce sujet en dehors du cadre familial, l’émotion lorsqu’on évoque l’emprise de l’argent.

 

Dans les récits que nous récoltons, un thème revient chaque fois : l’argent, dans les familles riches plus encore que dans les autres, ce n’est pas que de l’argent.

C’est un substitut de l’amour, c’est de l’obligation, un instrument forçant la loyauté à la famille. C’est aussi un outil d’emprise, un moyen de contrôle.

Dans les familles riches, l’esprit de clan, l’obligation de loyauté, couvrent les violences intrafamiliales. Les violences physiques et psychiques, les violences sexistes, les violences économiques, l’inceste. Et tout cela verrouille totalement l’idée de partager ou de redistribuer la richesse, même quand les héritièr·es le désirent.

 

Enfin, le tabou est toujours présent : même dans le cadre de confiance que nous établissons, confidentiel, l’argent n’est évoqué que vaguement. On n’ose pas dire les sommes précises. Parfois, on veut le dire mais on ne s’en « souvient pas »…

 

 

PROJET

 

Pour rendre possible de parler d’argent, il faut montrer la mécanique du tabou et mettre en lumière la façon dont le mode de pensée bourgeois a infiltré tous les esprits. L’impôt sur les successions est l’impôt le plus impopulaire, même dans les classes sociales qui ne sont pas concernées : les 50 % de la population les plus pauvres, dont les possessions les placent en dessous des seuils de taxation, ne paieront pas un centime.

 

Quel délire nous prend qui fait qu’on croit être bourgeois ? Qu’on est en solidarité avec le pauvre petit Bernard Arnault qui va se faire spolier par les impôts ? (Il paye pourtant beaucoup moins d’impôts, proportionnellement, que son chauffeur ou son secrétaire.)

 

Dans le réel, le tabou est tellement puissant que nous avons besoin des pouvoirs du théâtre et de la fiction pour briser le silence : le jeu, l’humour, le décalage que permet la représentation libèrent les imaginaires et nous empuissantent.

 

Alors seulement nous pourrons comprendre que l’argent n’est que de l’argent, une ressource que l’on peut manier de 1000 manières, qu’il peut se dire, qu’il peut se donner.

biographies

« Je suis née le 2 octobre 1986, soit 159 jours après l’explosion nucléaire de Tchernobyl. Mais bon, ça va. À 6 ans, j’ai remporté le jeu télévisé Chambard, sur RTL-TVI, ce qui m’a valu une gloire intense mais de courte durée. Après avoir étudié beaucoup d’études, notamment de théâtre, j’ai collaboré comme performeuse ou dramaturge avec Anne-Cécile Vandalem, Anna Rispoli, Lorette Moreau, Dominique Roodthooft et Émilienne Flagothier.
Ma première mise en scène, On avait de bonnes dents, pièce historico-futuriste qui interroge notre rapport au travail, a été coécrite avec une dizaine d’habitant·es du Hainaut.
J’adore les blagues mais suis malheureusement extrêmement sérieuse. » Céline Estenne

 

« C’est en 2014 que j’ai présenté ma première création, CRAWL LIKE A BUG, spectacle parmi les plus lents de l’histoire du théâtre. Cette pièce n’ayant pas eu le succès espéré, j’ai ensuite travaillé pendant deux ans comme serveuse à l’Athénée (Ixelles) afin de verser un loyer mensuel à des retraité·es multipropriétaires.

Puis j’ai joué dans des spectacles de Salvatore Calcagno, Transquinquennal, Nicolas Mouzet-Tagawa, Silvio Palomo, et coorganisé BOK (bodies of knowledge), école alternative initiée par Sarah Vanhee, ce qui m’a enfin permis d’obtenir le statut d’artiste. Alors j’ai écrit un roman, La mémoire du terrain, publié par LL éditions.

Je fais aussi de la BD, mais c’est un secret. » Joana B Polge

distribution et crédits

Un spectacle de Celine Estenne et Joana B Polge
Avec : Amel Benaissa, Cyril Romero, Irene Nerys, Noemie Zurletti, Simon Perotti
Composition musicale et arrangements : Sarah Wery et Adrien Guerne
Costumes : Milena Forest
Couture : Violeta Cruz
Scénographie : Clementine Gomez, Louise Vacher Weiss
Création sonore : Theophile Rey
Création lumière et direction technique : David Alonso Morillo
Dramaturgie et regard extérieur : Marie Alie
Coach vocal : Michalis Boliakis
Production déléguée : la Balsamine (Bruxelles, Be)
Coproduction : la Balsamine (Bruxelles, Be), Centre des Arts Sceniques (Be), La Coop asbl et Shelter Prod
Soutien : la Bellone (Bruxelles, Be), le BAMP (Bruxelles, Be), Modul ASBL, Entropie production, le Varia – Théâtre & Studio (Bruxelles,Be), la Vénerie centre culturel de Watermael-Boitsfort (Be), La Verrière (Bruxelles, Be), taxshelter.be, ING et tax shelter du gouvernement fédéral belge
Aide : Fédération Wallonie-Bruxelles, Service General de la Création Artistique – Direction du Théâtre
Le projet est partiellement financepar de l’argent d’héritage

Photo : © Nana