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tamanegi

ikue nakagawa

28 novembre et 30 novembre à 13h30 (scolaires) et 20h00
29 novembre à 15h00

Une co-présentation Charleroi danse et la Balsamine.

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danse tout public

« Ce projet commence par un dessin que j’ai réalisé en pensant à mon père qui luttait contre sa maladie et les membres de ma famille restés autour de lui pour l’entourer. TAMANEGI signifie « oignon » en japonais. Dans ce moment particulier, j’ai dessiné ma famille comme un oignon représentant la structure des relations familiales. De la racine commune émerge une chair dont les couches s’élargissent mais poussent dans la même direction. Chacune des couches s’éloigne petit à petit du centre et protège toutes les autres, jusqu’à la plus petite qui renouvelle le cœur de la structure. »

Ikue Nakagawa

Accompagnée sur scène d’effigies à taille humaine qui dialoguent avec son corps, Ikue Nakagawa construit sa propre exploration des structures et dynamiques familiales. Dans un jeu de manipulation, la structure de la famille se transforme, faisant évoluer avec elle la position de chacun de ses membres, comme à travers les générations. Elle dévoile un enchevêtrement de vies qui se préexistent et se cèdent la place en laissant des traces que les générations suivantes se réapproprieront.

note d'intention

« J’ai toujours dessiné ce qui m’arrive, comme un journal intime. Depuis 2018, cette pratique du dessin est utilisée dans mes recherches chorégraphiques. J’utilise le dessin pour noter toutes mes partitions chorégraphiques. Puis cette pratique du dessin s’est détachée de mon activité de danseuse et j’ai commencé à utiliser instinctivement cet outil pour en faire des cartographies intimes. À travers ces dessins j’entretiens une discussion avec moi-même.

Il y a souvent un personnage, un alter-ego qui apparaît sous différentes formes et dans différentes mises en scène, parfois absurdes, parfois oniriques, inquiétantes ou joyeuses. Ces alter-egos apparaissent souvent sous forme d’un ou plusieurs bonhommes noirs. Ils sont à la fois moi-même et des sortes de messagers. Ils me rappellent les kuroko du Kabuki.

Sur le plateau ces personnages apparaissent sous forme de marionnettes à taille humaine qui dialoguent avec mon corps, dans TAMANEGI, pour construire une représentation de structures et de dynamiques familiales ; structures dans lesquelles les vies enchevêtrées préexistent et se cèdent la place. Il y notamment une notion qui m’intéresse beaucoup et que je ne parviens pas à traduire en français : ⾒守る/MIMAMORU Ce mot est composé avec deux kanji (idéogramme) : ⾒る(MIRU) = regarder, et 守る(MAMORU) = protéger.

C’est une sorte d’attention/action quasiment intangible et pourtant concrète réelle. Une attention que l’on ne sera jamais sûr d’avoir reçu, et qui pourtant est constitutive. C’est typiquement ce genre d’activité invisible et inexprimable, qui régit les liens familiaux et que je souhaite formuler plastiquement et chorégraphiquement pour le partager.

Par le jeux de lumière et la mise en scène, j’aime mettre en laboratoire ces mécanismes parfois invisibles ; mettre en lumière ce qui ne l’est pas d’habitude, montrer les liens qui enveloppent, prennent soin des failles qui les parcourent. »

Ikue Nakagawa

biographie

« Je suis née au Japon en 1980.

J’aimais danser mais je n’arrivais pas à trouver ma place dans le monde de la danse et c’est en cherchant que je me suis retrouvée en Europe.

J’ai rencontré Pascal Rambert au CDC Toulouse où j’ai appris le travail du présent. J’ai ensuite travaillé en tant que danseuse.

C’est quand je suis tombée enceinte de mon second enfant que j’ai réellement commencé à dessiner quotidiennement.

En 2018, j’ai commencé à créer ma pièce à partir de mes dessins quotidiens par désir de m’exprimer plus librement.

Je dessine ce que je ressens et ce que j’imagine, puis j’utilise la danse, la scénographie, l’éclairage et la musique pour les transformer en pièce de danse. »

Ikue Nakagawa

distribution et crédits

Conception et chorégraphie, interprétation : Ikue Nakagawa
Collaboration dramaturgie : Lorenzo De Angelis
Lumière : Octavio Mas
Construction scénographie : Val Macé
Regard extérieur : Masako Hattori
Musique : Patrick Belmont
Conseil en technique marionnettique : Noemie Vincart

​Production à la création : AMA Arts Management Agency – France Morin, Cécile Perrichon et Anna Six
Coproduction : Les Brigittines (Bruxelles, Be), Charleroi danse – centre chorégraphique de Wallonie-Bruxelles (Be), C-TAKT (Genk, Be), Le Vivat ‒ Scène conventionnée d’Armentières (Fr), La Place de la Danse ‒ CDCN Toulouse/Occitanie (Fr)
Aide : Fédération Wallonie-Bruxelles – service de la danse
Soutien : BAMP (Bruxelles, Be), La Bellone (Bruxelles, Be), La Briqueterie – CDCN Val-de-Marne (Vitry-sur-Seine, Fr), Centre Chorégraphique National de Roubaix/Ballet du Nord (Fr)
Ce projet est en compagnonnage avec Le BAMP.
Remerciements : Taka Shamoto, Benoît Priels

Photo : ©Ichraf Nasri