joyaux lourdement sous-estimés
bast hippocrate
le 21 octobre à 19h00
le 22 octobre à 20h00
hors les murs – les halles de schaerbeek
Deux hommes s’aiment, se déchirent, se retrouvent, se détestent et se réconcilient.
Ensemble, ils traversent différentes formes de relations — de la relation ouverte au chemsex, du lien platonique au polyamour — dans une quête constante de tendresse, de compréhension et de
connexion.
Sur scène, leurs corps s’enlacent, se défient, se réinventent. L’étreinte devient langage, le corps à corps une manière de penser la relation autrement.
Le pas de deux formé par les interprètes se tisse au fil de la trame sonore dans un mouvement organique.
Joyaux lourdement sous-estimés questionne nos manières d’aimer et les injonctions au couple hétéronormé. En explorant des alternatives, la pièce propose de se libérer de l’idéalisation du couple et d’imaginer de nouvelles voies vers un espace sensible et incandescent, où le désir côtoie la fragilité, où la tendresse se fait politique, et où les corps apprennent à s’aimer autant qu’à se quitter.
Joyaux lourdement sous-estimés est une fable amoureuse pédé où le corps devient le terrain d’une lutte et d’une réconciliation. C’est une tentative de comprendre ce que l’amour fait de nous, de nos limites, de nos identités. Une descente dans la tendresse, la fusion, la dépendance, la violence — puis un geste de renaissance.
La pièce explore l’étreinte comme une pratique chorégraphique et politique. S’enlacer, c’est déjà négocier. C’est s’abandonner tout en maintenant un contour. C’est éprouver le risque de se dissoudre dans l’autre et la nécessité de se retrouver. Dans cet espace entre confiance et tension, les corps se façonnent mutuellement, deviennent matière vivante d’un dialogue sans mots.
Joyaux lourdement sous-estimés s’inscrit dans la continuité de ma recherche autofictionnelle, amorcée avec LoveLettersOrNot. Mais ici, l’écriture quitte le langage pour passer dans la chair. Les lettres d’un amour passé — retrouvées comme des vestiges mus par la tentation de comprendre — ont nourri la dramaturgie du mouvement. Elles infusent la pièce de leur fragilité et de leur persistance : tout ce qu’on a voulu dire, et qu’on n’a pas su dire autrement. Tout ce que j’essaie de transcrire par la chair.
La bande-son agit comme un espace de mémoire et de résistance. Des fragments sonores, des respirations, des morceaux de pop culture réécrits et déconstruits viennent hanter la pièce comme autant d’échos du collectif. La pop n’est plus décorative : elle devient langage commun, une matière partagée où le personnel rejoint le politique, où les ruines intimes rencontrent une pulsation commune.
Joyaux lourdement sous-estimés est une pièce sur la cohabitation — entre deux êtres, entre la douceur et la chute, entre la perte et la reconstruction. Une fable onirique et terrifique, qui choisit de finir autrement : non pas dans la disparition, mais dans la réaffirmation de soi. Un récit d’amour qui survit à l’amour.
« Je suis un artiste suisse afrodescendant, pédé et issu de la seconde génération de l’immigration.
Ma pratique se caractérise par la mise en scène de corps bruts et magnétiques, où vulnérabilité, physicalité et porosité se mêlent à des thématiques sociétales et interpersonnelles. À travers une approche fondée sur l’autofiction, j’explore les relations humaines et la manière dont nos histoires intimes résonnent collectivement, tissant des ponts entre le micro et le macro, entre le personnel et le politique.
Après un parcours autodidacte, j’obtiens en 2019 un Bachelor à La Manufacture HES-SO Lausanne.
Mes créations, notamment LoveLettersOrNot (2021) et Joyaux lourdement sous-estimés (2025), interrogent avec tendresse et intensité l’intimité, la complexité des liens et la gestion des traumatismes individuels.
Je développe mes projets à la croisée de la danse, de la performance et de la narration, souvent nourris de musique pop et de récits autofictionnels.
Je collabore régulièrement avec des artistes tels que Géraldine Chollet, Simone Aughterlony et Valerie Reding, tout en poursuivant une recherche qui vise à créer des espaces de partage, d’écoute et de résonance, où les corps deviennent des territoires de connexion et de transformation. » Bast Hippocrate
Direction artistique et performance : Bast Hippocrate
Performance : William Cardoso
Lumière : Tiki Bordin
Musique et conception sonore : Golce Kummer
Son et conception des haut-parleurs : Thibault Villard
Costumes : Zoé Marmier
Dramaturgie : Sélima Chibout
Regard Extérieur : David Weishaar Mélissa Guex
Consultation éditoriale : Noémi Schaub
Bijouterie : Capucine Jewelry
Production & diffusion : Maxine Devaud
Diffusion oh la la – performing arts
production Maxine Devaud
Video recording: Sophie Berset
Photography: Salomé Guyot, Giogia Filipponi
Lazy Suzy crée pas Jonas Maria Droste en collaboration avec Jen Rosenblit
Photo : ©Auguste de Boursetty