stone
garance maillot
du 24 au 27 novembre à 19h00
le 28 novembre à 16h00
Pour les représentations du 24 au 28 novembre, possibilité de réserver un pass pour voir deux spectacles dans la même soirée : Stone et Endless Summer Camp
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places gratuites disponibles pour les membres de notre partenaire Different class – 27 et 28 novembre
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Avec son premier projet STONE Garance Maillot retraverse, au plateau, un basculement personnel, la mort de son grand-père, à partir duquel elle laisse surgir une question : « Que faire de nos héritages ? »
Garance raconte, chante et danse, parfois tout en même temps. Elle convoque des figures lesbiennes et Queer de l’histoire de la danse qui apparaissent comme des doubles, des fantômes actifs, des présences qui ont pavé le chemin et déplacent la mémoire.
Avec STONE Garance Maillot explore l’héritage comme un phénomène vivant : des forces imprévisibles, à la fois joyeuses et mélancoliques. De cette traversée naît une danse qui fabrique du commun, où l’intime devient moteur d’un geste collectif. Une ode à l’amour, et à cell·eux qui le rendent possible.
Il y a un mot qui résonne tout le temps dans cette pièce. Lesbienne. Il n’est jamais défini, il est multiple et fluide. Avec lui, nous sortons du cadre préétabli, ouvrons une fenêtre vers un ailleurs.
Mon geste chorégraphique prend appui sur l’œuvre de Monique Wittig, notamment sur La pensée Straight qui affirme que le terme « lesbienne » relève bien plus que d’une orientation sexuelle. C’est un positionnement social et politique. Avec cette pièce, je cherche à étendre ce mot de manière chorégraphique, à la manière dont Monique Wittig le fait dans la littérature. J’essaye d’entrer en contact avec ce qu’il produit chez l’autre, le public. Chaque personne est amenée à se positionner, consciemment ou non. C’est une pièce qui joue avec les questions de marges et de centre, d’inclusion et d’exclusion.
Pour la recherche chorégraphique, je me suis composée un corpus de matériaux : vidéos, enregistrements sonores, partitions chorégraphiques, textes m’ont nourrie tout au long du processus. Dans ce corpus, il y a notamment le solo Der Tod de Valeska Gert, La Danse Serpentine et Ma vie et la danse de Loïe Fuller, Tartine moi et autres textes, un recueil de textes de Jill Johnston traduit par Pauline L. Boulba, Aminata Labor, Nina Kennel et Puyol Boralevi, la pièce DANCE de Lucinda Childs, Queer Phenomenology de Sara Ahmed, Odes et Fragments de Sapphô.
J’ai exploré le corps-archive : un corps qui a accumulé des gestes et des images, et qui vient les convoquer dans le présent, de manière fragmentaire et vivante, comme si des forces extérieures venaient le mouvoir. Il ne s’agit pas de reproduire, mais de convoquer leurs gestes et leurs écritures. C’est en allant à l’origine des œuvres, physiquement au plateau, qu’elles restent vivantes, en transformation, et qu’elles résonnent dans le présent.
Le titre STONE condense plusieurs strates de mémoire : la pierre tombale sur laquelle je danse, les pierres de Stonewall qui ont marqué l’histoire des luttes Queer, le roman Stone Butch Blues de Leslie Feinberg, et Pierre, le prénom de mon grand-père.
Dans cette pièce, la pierre n’est pas seulement un poids ou un héritage : elle devient une surface de projection où viennent se réfléchir des questions d’héritage et d’identité que je pose à travers une chorégraphie du fragment et de la dissociation.
Et un sentiment qui recouvre tout, transforme le passé : l’amour. Il colore tout, invite à prendre part à un élan de vie, pour le meilleur et pour le pire.
« Originaire du Pré-Saint-Gervais, la plus petite commune d’Île-de-France, je grandis à la marge de Paris, entre les logements sociaux en briques rouges et les usines reconverties en ateliers d’artistes. Je passe par Montréal avant d’arriver à Bruxelles, où je termine ma formation de danseuse en 2024, avant de travailler avec des chorégraphes et artistes tels que Jorge Léon, Simone Aughterlony, la compagnie Tumbleweed et Serge Aimé Coulibaly.
Un des tournants dans ma vie est le décès de mon grand-père, figure importante de mon éducation. À son enterrement, lorsqu’on me demande de lui rendre hommage, mon réflexe est de danser. Malgré les réactions sceptiques, jugeant le geste dangereux pour le rituel catholique, je décide d’aller au bout. Je danse sur sa tombe. Je garde de cette danse le souvenir d’une émotion intensément déroutante : une peine mêlée à un soulagement profond. Je constate aussi que cette danse a su créer du commun parmi les personnes présentes. A un endroit mystérieux, des ponts se sont créés entre nous.
Cette expérience m’amène à questionner la notion d’héritage : ceux que l’on ne choisit pas et ceux que l’on décide d’embrasser. J’entame une recherche sur des danseuses et chorégraphes lesbiennes et queer dans l’histoire de la danse. À partir de ces références devenues généalogie, je développe une chorégraphie du fragment et de la dissociation. Dans mon travail, la danse dialogue avec d’autres médiums, à savoir le texte, le chant et des matériaux plastiques, textiles et minéraux, pour mieux questionner le corps et son rapport au monde. »
Garance Maillot
Chorégraphie, écriture et interprétation : Garance Maillot
Dramaturgie : Alice Jumelle
Accompagnement artistique : Jorge Léon
Création sonore : Iris Therasse, Nabila Mekkid
Création lumière et régie générale : Emma Laroche
Scénographie : Zoé Ceulemans
Sérigraphies sur pierre : Josépha Kinsella
Costume : Vio Lacroix
Regard artistique : Caroline Roche
Assistant à la recherche : Roy Hankach
Captation vidéo : Nao Maltese
Production déléguée : La Balsamine (Bruxelles, Be)
Coproduction : La Balsamine (Bruxelles, Be), Charleroi danse, centre chorégraphique de Wallonie-Bruxelles (Be)
Soutien : Fédération Wallonie-Bruxelles – Service de la Danse), Charleroi danse, centre chorégraphique de Wallonie-Bruxelles (Be), Les Halles de Schaerbeek (Bruxelles, Be), Metarage (Bruxelles, Be), le BAMP (Bruxelles, Be)
Remerciements : Sihame Haddioui